Virginie, la coach qui va vous faire aimer le lundi!

Dernière mise à jour : 19 janv. 2019






On dit souvent que le hasard fait bien les choses. Ma rencontre avec Virginie confirme à du 1000% ce dicton. J'étais en pleine recherche sur LinkedIn d'un accompagnateur, coach (appelez-ça comme vous voulez), bref d'un spécialiste qui m'aiderait dans mes démarches de reconversion professionnelle lorsque l'algorithme du site m'a menée jusqu'à son profil. Plus que son parcours, c'est surtout le nom de sa société qui a titillé ma curiosité "Vivement Lundi !". Ca m'a immédiatement parlé. Alors j'ai cliqué et je suis tombée sur son site web. Ouf, ce que je craignais le plus n'est pas arrivé! Je n'étais pas face à un de ces coaches gourous webmarketeurs qui vous promettent de changer votre vie pro en un claquement de doigt le tout saupoudré d'une ambiance ésotérique. Que du contraire, ici on parlait de construire un projet inspirant et réaliste (mot très important pour moi), d'outils classiques de bilan de compétences mais aussi de méthodes plus innovantes. Pour résumé, cette vitrine donnait et respirait la confiance. Et hop, voilà, j'étais plus que convaincue, le formulaire de contact pour une prise de rendez-vous était envoyé.

Très vite, la rencontre était fixée, et je suis arrivée chez ma future coach avec mes gros sabots et mon mindset orienté résultats ( que voulez-vous, dix années dans le privé, ça laisse des traces), j'ai directement mis les pieds dans le plat "Je vais être franche, si avec votre accompagnement, je ne trouve pas réponse à mes questions et surtout si je ne trouve pas vers quelle voie je veux me diriger, j'arrête toutes ces histoires de reconversion et je vis ma vie tranquille métro/boulot/dodo, je n'ai vraiment pas envie de faire la tournée des coaches de Bruxelles!"(Oui, j'assume, j'ai dit ça). Elle aurait pu me montrer poliment la direction de la porte de sortie. Au lieu de cela, elle a deviné ce que cachait cette demande, elle a été à l'écoute de mes attentes et m'a proposé avec beaucoup de bienveillance un travail dans lequel on explorerait mon envie de reconversion sous un angle de vue plus intuitif et en laissant parler mon coeur. Le contrat entre nous était signé. Et surtout ce jour-là, j'étais loin de m'imaginer qu'avec l'aide de cette grande professionnelle passionnée par l'humain, tout apparaitrait comme une évidence.


Pourtant, notre consoeur Virginie Lambert, accompagnatrice en épanouissement professionnel, chercheuse enthousiaste de justesse et de sens n'a pas débuté sa carrière comme cela. Elle est à la base ingénieure architecte. Ses parents et ses profs n'ont pas vraiment pris en considération son désir d'étudier la psycho pour être au service de la personne. Elle a été fortement poussée dans le dos dans un cursus plus élitiste d'ingéniorat. Virginie a ,déjà à l'époque, cette intuition que ce n'est  pas sa voie de "coeur". A 25 ans, elle entreprend un voyage en Asie d'une année (avec sac à dos et tout) , là un premier déclic a lieu, elle se connecte à ses valeurs , à ce qui est important à ses yeux. Elle comprend que dessiner des extensions et des maisons à longueur de journée ne la satisfait pas et s'oriente vers des métiers en amont, au service de son secteur. Ensuite, toujours en quête de sens, un peu avant 30 ans, elle fait un premier cheminement de bilan professionnel. Elle ose via ce bilan mettre le doigt sur ce qui est juste pour elle: l'accompagnement des personnes. Tout ce parcours l'amène à tordre son diplôme pour être cohérente avec ses aspirations, pour être "au service d'une cause". Elle se retrouve donc dans l'administration publique, elle est chargée d'un poste dans l'environnement et le développement durable. Hyper impliquée, perfectionniste, elle s'engage à fond et en tant que responsable d'équipe, travaille au déploiement des projets et des collaborateurs qu'elle coordonne. En plus, elle se forme sur le côté, avec toujours cette envie omniprésente d'accompagner les personnes. Malheureusement, l'épuisement professionnel la guette et Virginie tombe en burn-out. Retapée et remise sur pied de ce douloureux épisode, elle se décide enfin à lancer son projet: elle se met à son compte et propose d'accompagner toute personne dans son cheminement professionnel.

Pour tout vous dire, avec Virginie, j'aurais pu parler pendant des heures tellement le sujet de la reconversion et le coaching ( très en vogue, faut le dire!) sont passionnants. D'autant plus que plusieurs d'entre vous, entreprennent une voie dans le coaching ou sont déjà coach (petit clin d'oeil à mes suiveuses au passage) et forcément seront très intéressées par ce portrait. Aujourd'hui, grâce à sa contribution tout en nuances , en plus de parler de son parcours d'entrepreneure, nous allons explorer ce qu'est le métier de coach et terminer par ce qu'implique une reconversion professionnelle. Alors les filles, il n'est pas beau ce programme?


Son parcours


Nilay: Virginie, lors de mon accompagnement, vous m'aviez expliqué que l'on retrouvait dans nos parcours avant et après une reconversion une base commune. Basculer d'ingénieure architecte à coach, c'est assez surprenant, vous nous expliquez?


C'est vrai, aussi étonnant que cela puisse paraître de l'extérieur, je peux aujourd'hui reconnaître les bénéfices de ma formation d'ingénieure architecte et la proximité avec le métier d'accompagnatrice ou de formatrice. Car ces 15-20 premières années de ma vie professionnelle m'ont permis aussi de côtoyer des univers professionnels, de déployer des compétences/des connaissances et de vivre des postures qui m'apportent beaucoup dans mon métier aujourd'hui.

Je m'explique : l'art de l'architecte est de se mettre à l'écoute du besoin de son client, d'entendre (parfois au-delà de sa demande) ses besoins, ses valeurs, ses intérêts et goûts. A mon sens, un bon architecte va percevoir la vie que son client mène ou souhaite mener, et quel sera le projet qui lui permettra de s'épanouir, en tenant compte de critères matériels et personnels. Il va chercher (avec son client) et faire émerger petit à petit ce projet. Cette formation m'a permis de développer et d'asseoir une sensibilité, une forme d'humilité (pour me mettre au service du projet / de l'autre), des compétences en terme d'organisation, d'avoir les pieds sur terre tout en étant capable de rêver, de transcender le quotidien. Ensuite, je me suis assez vite éloignée de ce métier, je souhaitais me mettre au service de la société et d'objectifs qui aient plus de sens pour moi. Cela m'a amenée à travailler dans le monde du développement durable pour un service public. En tant que manager, j'y ai vécu une autre forme d'accompagnement. Il s'agissait pour moi d'aménager les bonnes conditions pour que les personnes et les projets que je coordonnais puissent s'épanouir. En parallèle, je me suis beaucoup formée, ayant envie de donner de la place à l'accompagnement au sens propre. J'ai pratiqué en parallèle quand cela a été possible et j'ai pu petit à petit discerner ma "couleur" vers quoi je souhaitais vraiment aller. Il a fallu un burn-out il y a 6 ans pour enfin mettre ce projet en priorité dans ma vie professionnelle ! La suite a coulé comme une évidence.


Nilay: Pourquoi avoir voulu vous mettre à votre compte?


J'avais envie de liberté, d'indépendance, tout en étant en lien avec d'autres professionnels. Une envie de pratiquer avec la qualité et le temps à donner à chaque client comme je le souhaite. Et surtout de pouvoir continuer à me former et utiliser les méthodes qui me convainquent. J'ai pu aussi me libérer de certains freins (j'ai grandi dans un système familial où mes parents avaient une valeur de sécurité importante) ce qui m'a permis de passer le cap.


Nilay: Justement, comment vous êtes-vous libérée de ces freins?


Le plus important a été une forme d'évidence intérieure, un appel. Par ailleurs, j'ai travaillé sur mon besoin de sécurité. Je suis aussi dans un environnement soutenant: mon mari est indépendant et il a toujours eu ce sentiment de sécurité. Il ne sent pas plus en insécurité qu'un employé qui a un CDI et qui peut être licencié du jour au lendemain. Il est de nature optimiste, il se dit quoiqu'il arrive il y aura une solution et il saura se retourner!


Nilay: Avez-vous eu des doutes sur votre reconversion ?


Non. J'ai parfois des doutes sur les chemins à prendre ou les collaborations à poursuivre. Mais pas sur ma reconversion.


Nilay: Comment votre famille, votre mari et vos enfants ont-ils réagi à votre reconversion ?


Très bien ! Comme expliqué, j'ai la chance d'avoir un mari très soutenant et encourageant, avec qui je peux collaborer aussi. Mes enfants parlaient de ma reconversion comme si c'était la leur. Aujourd'hui, ils sont parfois plus réticents, car l'argent ne coule pas à flots, et que les ados qu'ils sont aimeraient plus d'aisance financière😉


Nilay: Je rebondis sur "l'argent ne coule plus à flots". Cela veut-il dire qu'en tant qu'indépendante vous gagnez moins que lorsque vous étiez salariée?


Oui certainement.


Nilay: Vous travaillez plus et vous gagnez moins....et cela ne vous dérange pas?


A terme, je pense que ça devrait être rééquilibré, mais j'ai une autre satisfaction et aujourd'hui, ce n'est pas très grave. C'est sûr que cela impose des concessions personnelles et familiales. Mais ça vaut le coup.


Nilay: Dois-je comprendre que vous êtes plus heureuse maintenant?


Certainement, je suis plus accomplie. Peut-être un jour reprendrai-je un mi-temps en tant qu'employée... je suis ouverte à cette possibilité. Si je retrouve un temps partiel dans une entreprise dans laquelle je peux vivre quelque chose qui me tient à coeur, dans le domaine de l'accompagnement, de la formation, je n'y suis pas opposée. Mais je garderai mon activité sur le côté, je n'ai pas envie d'enterrer tout ce que j'ai construit: cette autonomie, être responsable de ma propre affaire.


Nilay: J'ai une question pratico-pratique, combien de temps vous a-t-il fallu pour vous lancer à votre compte et créer "Vivement Lundi"?


A la fois 15 ans et 1 mois!

1 mois car à partir de  l'instant où j'ai décidé de créer mon activité et de déposer mon numéro d'entreprise, cela s'est fait très rapidement. A un moment, il y a une sorte de maturité et le projet est prêt à éclore.

Et 15 ans car j'ai fait tout un cheminement, que le projet était en train de mûrir pendant toutes ces années. Je ne me suis pas réveillée du jour au lendemain en me disant "Tiens, je ferais bien de l'accompagnement professionnel".


Nilay: Beaucoup de femmes n'osent pas se lancer en tant qu'indépendante car elles prétendent ne pas avoir un sens commercial, ne savent pas comment attirer des clients ou se sentent perdues lorsqu'il s'agit de monétiser à juste valeur leurs prestations....Pour vous, dans votre parcours d'entrepreneure, qu'est-ce qui a été le plus difficile et qu'avez-vous appris comme « nouvelles » compétences ?


C'est un chemin en effet. Pour ma part, j'ai eu besoin que mes enfants grandissent, le choc du burn-out, le fait que je n'avais pas mon compte quand je suis retournée au travail et le fait d'avoir du temps pour enclencher le changement.

Pour ce qui concerne les tarifs, je pense qu'il s'agit de prendre en compte plusieurs facteurs: le temps presté, la valeur que l'on se donne/que le client "reçoit", les prix raisonnables du "marché" et la réalité de la vie d'indépendant (taxes, impôts, charges sociales, …).

De plus, même si j'ai un profil entreprenant, à la base je n'ai pas un profil commercial. Cela ne m'a jamais paru juste d'"attirer des clients", je préfère soigner le fond à la forme, je dis ce que je fais, et les personnes qui me connaissent et me voient dans des compétences et attitudes me recommandent à leurs connaissances. Comme je baigne depuis longtemps dans ce milieu de la formation et l'accompagnement, je n'ai pas eu à faire ma promotion, je connais beaucoup de personnes qui sont coaches/psys/thérapeutes et me conseillent quand un de leurs patients rencontre une difficulté professionnelle. Maintenant, j'apprends aussi à nuancer le côté commercial qui ne s'apparente pas forcément à vendre une encyclopédie à un illettré , il s'agit juste de montrer au client qui je suis et lui permettre de me rencontrer, d'être dans une offre de service et que cela répond à une attente, à un besoin.


Le métier de coach


Nilay: Je remarque via les réseaux sociaux, les médias, les femmes qui me contactent ou mon entourage que de plus en plus de gens se tournent vers le coaching. Et souvent, ce sont des gens qui ont dû faire face à un événement traumatisant ou douloureux, comment expliquer une telle attirance pour le métier?