Je veux entreprendre, quelles sont les possibilités qui s'offrent à moi?

Cet article est le fruit d'un partenariat de visibilité avec le Maïa mag, le magazine du leadership féminin. Retrouvez-le en version papier dans le numéro 2 du magazine, disponible depuis ce 25 novembre dans les kiosques belges.




Ça y est ! Vous avez pris votre décision : vous voulez vous lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Concrétiser enfin cette idée vous met particulièrement en joie, vous sentez des papillons dans le ventre. D’ailleurs, ces dernières 24 heures, vous avez écouté en boucle le fameux hymne à l’indépendance des Destiny’s Child « Independent Women ». Pleine de confiance en votre projet, vous voulez partager cette nouvelle avec votre entourage. Et d’un coup, patatra, tout s’écroule ! On vous met en garde et on essaye de vous éviter une bêtise. Quelle mouche vous a donc piquée ? Comment pouvez-vous penser de tout risquer ? Êtes-vous seulement consciente qu’être indépendante c’est compliqué ? Les frais sont énormes et vous allez devoir travailler très dur. Pourquoi vouloir mettre à mal votre situation confortable ?

Vous, vous ne savez plus quoi dire et la voix de Beyoncé et de ses copines n’est soudain plus qu’un lointain souvenir. Évidemment, vos proches vous veulent du bien mais sont-ils au courant que vous pouvez tester une aventure entrepreneuriale tout en restant salariée ou même en étant au chômage ? Que vous n’êtes pas forcée de tout lâcher pour entreprendre votre projet ? Dans cet article, je passe en revue les différents cas de figure pour vous aider à y voir beaucoup plus clair. Et pour les plus pressées d'entre-vous, rendez-vous en fin de publication pour découvrir les étapes indispensables pour se lancer en tant qu'indépendante.


Être salariée et tester son projet en mode « side-project »


C’est définitivement la manière la plus sûre de vous lancer dans l’entrepreneuriat sans devoir tout plaquer. Être salariée et développer son initiative de manière complémentaire n’est strictement pas interdit, je dirais même que c’est le meilleur plan. Cela vous permet de vous familiariser à l’entrepreneuriat tout en conservant votre boulot d’employée. Ce dernier vous servant clairement de filet de sécurité financièrement parlant. Vous pouvez soit exercer votre nouvelle activité lors de vos temps libre, soirées ou week-ends soit demander auprès de votre employeur une réduction de temps de travail (4/5 ,mi-temps ou même une pause carrière).


Plusieurs combinaisons s’offrent à vous :


  • Vous « vendez » vos prestations, votre expertise. Votre activité complémentaire s’apparente à du freelancing et vous faites cela de manière occasionnelle. Pas besoin alors dans un premier temps de vous embêter avec les démarches administratives. Vous pouvez , par exemple, bénéficier des services de SMART concernant vos facturations. C'est une entreprise partagée qui gère votre administratif tout en vous permettant de développer vos activités et ce quel que soit votre statut ! ( employée, demandeuse d’emploi….)

  • Vous commencez à avoir une certaine clientèle, vos prestations sont plus régulières. Il est alors temps de passer au régime « indépendante à titre complémentaire ». Dans ce cas-ci, vous êtes soumise aux mêmes démarches que si vous vouliez vous lancer en tant qu’indépendante à titre principale. La différence essentielle réside au niveau du montant des cotisations forfaitaires à payer en début d’activité. Pour le statut indépendante à titre complémentaire, elles s’élèvent à environ 80 euros/trimestre (alors qu’elles sont de minimum 700 euros/trimestre pour indépendante à titre principal) et elles vous seront remboursées si votre revenu net ne dépasse les 1499 ,14 euros/an.

Cependant, quelques points d’attention sont à noter si vous désirez développer votre business en plus de votre emploi de salariée :


  • Si l’activité complémentaire que vous comptez exercer est la même que votre job de salariée, ceci peut être très mal vu ou même interdit par votre entreprise. Le risque que vous puissiez détourner la clientèle de votre patron peut fortement lui déplaire. Vérifiez avant tout ,via votre contrat de travail, si développer une activité en plus de votre job actuel est faisable et autorisé !

  • Renseignez-vous sur les modalités de demande de temps partiel ou pause carrière auprès de votre service des Ressources Humaines. Cela change d’une entreprise à l’autre. Assurez-vous que vous y avez droit !

  • Sachez que votre demande de réduction de temps de travail peut susciter l’incompréhension voire la déception de votre hiérarchie. Soyez donc préparée ! Si vous vous entendez bien avec votre supérieur, une discussion franche est conseillée sur votre motif de demande. Si au contraire, ce n’est pas le grand amour, jouez-là plus finement. Je vous mentirais si je vous disais que le risque de vous retrouver sur une voie de garage ou que vous soyez considérée comme une employée de seconde zone était inexistant !


Être au chômage et entreprendre


Oui, vous avez bien lu. En Belgique, être chômeuse complète indemnisée et lancer son projet entrepreneurial est possible.


Trois options sont envisageables :


  • Vous avez des prestations ponctuelles ? De nouveau, facturer via SMART est un bon plan. Bien sûr, vous ne devez pas oublier de signaler vos jours d’activités sur votre carte de pointage. Faites les choses en règles au risque d’avoir des ennuis avec les organismes de paiement ! Attention, gardez en tête que vous êtes toujours disponible sur le marché du travail.

  • Vous avez un projet mais ne savez comment le développer ? Des coopératives d’activités peuvent vous aider. Une fois votre candidature acceptée, vous entrez dans ces « couveuses». De la définition de votre projet, en passant par le business plan jusqu’à la phase test de votre activité, ces coopératives vous accompagnent en alternant les séances de coaching collectif et individualisé. La durée d’un accompagnement de ce type est d’environ 12 à 18 mois. L’énorme avantage de ces structures réside dans le fait que vous conservez vos indemnisations de chômage tout en lançant votre entreprise. Autre bénéfice de se faire accompagner par ce type de structures: vous n’avez pas à vous occuper directement de votre comptabilité. Elles le font pour vous. De plus, à partir d’une certaine phase, vous êtes même dispensée d’être disponible sur le marché du travail. Dans la région bruxelloise, JobYourself est un nom à retenir, sa cousine liégeoise Job’In a très bonne réputation également.

  • Le plan tremplin-indépendant.Sous certaines conditions (vous les trouverez sur le site de l’Onem), vous pouvez exercer votre activité accessoire en qualité d’indépendant tout en conservant vos indemnités de chômage. Cette mesure est valable pendant 12 mois. De nouveau, dans ce cas de figure, ayant en tête que vous restez disponible sur le marché de l’emploi.


Point d’attention à noter sur le fait d’entreprendre en ayant le statut de chômeuse:


Ne devenez pas demandeuse d’emploi dans le but de vous lancer dans l’entrepreneuriat ! Votre demande sera purement et simplement refusée par l’Onem. En effet, votre chômage ne doit pas trouver son origine dans l’arrêt ou la réduction d’un travail comme salariée pour bénéficier de l’avantage « Tremplin-indépendant » ou faire partie d’une coopérative d’activités. Une femme avertie en vaut donc deux !



Tout plaquer et se lancer totalement dans l’aventure entrepreneuriale


Alors, on gonfle la poitrine et on fonce ! Mais pas la tête baissée ! De nouveau, certaines aides existent pour faciliter un commencement en douceur.

  • Vous habitez la région bruxelloise ? Alors vous pouvez bénéficier d’une prime d’indépendant octroyée par Actiris sous certaines conditions. Il s’agit d’un incitant financier dégressif de 4000 euros brut étalé sur 6 mois afin de développer votre activité.

  • Vous pouvez solliciter le régime Primostarter pour vos cotisations sociales. Si vous devenez indépendante à titre principal pour la première fois et que vos revenus nets sont inférieurs à 7150,88 euros la première année de votre activité, vous payerez 300 à 400 euros de cotisations provisoires trimestrielles (au lieu de 700 euros minimum!)

  • Et bien évidemment, vous pouvez aller chercher tout le soutien et aides nécessaires auprès d’incubateurs. Ces accélérateurs d’entreprises sont de plus en plus nombreux et peuvent donner un sérieux coup de boost à votre projet. Selon votre type d’activité, différents incubateurs existent. Je pense notamment à l’agence Hub Brussels. Que vous vouliez ouvrir un commerce ou être une startup dans le domaine éco-responsable, vous y trouverez votre compte.

Notez également que des structures spécifiques pour accompagner les femmes dans leurs projets ont vu le jour. Credal est un des précurseurs en la matière et la plateforme Women in Business regroupe les principaux acteurs dans le domaine.



Toutes ces possibilités citées dans cet article sont valables en Belgique. Mais vous l’aurez compris; que vous habitiez notre plat pays, la France, le Mali ou dans un autre coin du globe, la première démarche à faire est de se renseigner! Récoltez suffisamment d’informations afin d’avoir toutes les clés en main. Cette première étape est, je dois bien l’avouer, éreintante, chronophage et terriblement frustrante car nous sommes souvent pressées de nous lancer. Mais voyez la comme un mal nécessaire. N’oubliez pas, vous n’êtes pas obligée de tout plaquer pour devenir entrepreneure, des filets de sécurité peuvent être mis en place. Depuis quelques années l’entrepreneuriat a le vent en poupe, les aides ou accompagnements de toutes sortes explosent, des solutions existent. Profitez-en et partez à la chasse à l’option qui peut le mieux vous convenir. Ainsi, vous serez parée et parfaitement sereine pour accueillir ces oiseaux de mauvais augures qui ne trouveront plus rien à vous dire.


Bon, sur ce, moi, je remets mes oreillettes avec la musique à fond, prête à danser avec Beyoncé et ses copines. Vous chantez avec moi ? «All the women who are independent, Throw your hands up at me, All the honeys who makin' money,Throw your hands up at me »


*Tous les chiffres renseignés dans cet article sont à titre indicatif et sont susceptibles de changer


Pour un complément d’informations, voici des liens intéressants :

www.1819.brussels

www.hub.brussels

www.onem.be

www.actiris.be

www.jobyourself.be

www.jobin.be

www.smart.be

www.ucm.be

www.credal.be

www.womeninbusiness.bussels


Quelles sont les principales démarches concrètes pour devenir indépendante (à titre principale ou complémentaire)

1. Choisir la forme juridique de votre entreprise : personne physique ou société. Chacune ayant ses avantages. Pour la création d’une société, les démarches sont plus contraignantes.
2. Ouvrir un compte bancaire professionnel (distinct de votre compte personnel)
3. Posséder un certificat démontrant vos connaissances en gestion de base.
4. S’inscrire à la banque carrefour des entreprises pour obtenir votre numéro d’entreprise
5. S’identifiez à la TVA. Vous pouvez bénéficier d’une franchise de la taxe si votre chiffre d’affaire annuel est inférieur à 25 000 euros. Intéressant si vous êtes starter ou indépendant à titre complémentaire. ( en contrepartie, vous ne pourrez ni reporter la TVA en compte à vos clients ni récupérer celle payée à vos fournisseurs)
6. Vérifier les autorisations spécifiques à votre activité
7. S’affilier à une caisse de cotisations sociales :obligatoire pour verser vos cotisations sociales
8. S’affilier à une mutuelle ( ou signaler votre changement de statut)
9. Souscrire aux assurances adéquates selon votre type d’activité.

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