Je n'ai pas fait d'études littéraires et pourtant j'ai écrit un livre!

Dernière mise à jour : 31 juil. 2020



20 ans… 20 longues années pour te réaliser! J’espère que tu ne m’en veux pas de trop. Avec le recul, je dirais que j’ai pris mon temps, mais s’en m’en apercevoir. Pendant deux décennies, j’ai été hermétique à ces « un jour Nilay, tu écriras un livre ! », pour moi ce n’était qu’une simple boutade déguisée pour complimenter ma plume. Merci les gars ! Ou encore aux « dis Nilay, tu ne veux pas fournir un coup de main à ton cousin pour rédiger sa rédaction ? ». Sure, of course ! Et comment n’ai-je pu être attentive à ce cadeau qu’une de mes amies m’offrait pour mon anniversaire : une machine à écrire rétro. Ooh trop sympa, mon tout premier objet vintage ! Bref, autant de signes que je m’obstinais à ne pas voir. Ben quoi ? C’est connu non ? Pour écrire un bouquin, il faut se sentir légitime, avoir fait des études littéraires, complétées, bien évidemment, par un double doctorat en philologie romane (ça existe ?). Et puis, il faut avoir participé à de nombreux ateliers d’écriture, des retraites genre « cercle des poètes disparus ». Et bien sûr, la condition sine qua non, dans son entourage, il faut être épaulé par un oncle éditeur. Enfin, le Graal suprême… il faut avoir une chance incroyable, être né sous l’étoile la plus brillante de la Voie lactée.


Donc, mon très cher livre, ce sont derrière toutes ces injonctions « il faut » que je me cachais pour oser te mettre au monde. Et puis patatra, un accident de parcours ou un cadeau du ciel, ça dépend de quelle perspective on regarde😉m’a poussée enfin à te donner vie. Bon, ce n’était pas prévu dans mon désir initial que tu racontes un épisode de mon existence, mais l’occasion était trop belle et je ne pouvais certainement pas la louper ! Alors rien que pour tous celles et ceux qui aimeraient mettre enfin en route leur projet d’écriture, je propose de leur partager notre cheminement. Tu en penses quoi ? On leur fait une rétrospective et on leur prouve qu’il ne faut pas avoir fait des études littéraires pour écrire un bouquin ?


Tout est parti de cette voix, la bien dénommée intuition !


Je ne m’y attendais pas, c’est elle qui sème tes premières graines. Dois-je vraiment essayer de trouver une explication à l’inexplicable ? Allez, rien que pour le plaisir de l’analyse, je m’y hasarde 😉. L’idée de t’écrire a émergé d’un coup, sans aucun calcul. Quelle surprise ! Je m’entends encore dire : « Je vais écrire sur ce qui m’est arrivé ! » La sensation ressentie est tout simplement géniale, une formidable énergie a parcouru tout mon corps. Et dès cet instant, je prends ma décision, je scelle un engagement avec mon for intérieur. Étrangement, pour la toute première fois de ma vie, je n’ai pas le besoin de rechercher une quelconque autorisation et surtout, je ne me perds pas dans des pensées du type « Au secoooours, comment je vais faire ? ». Je vais écrire, un point c’est tout ; car c’est le bon moment ,the time is now . Aveux de ma part : le terrain est propice pour ta venue au monde. Depuis quelque temps, je travaille sur moi pour reconquérir mon « alignement perdu » et les séances d’hypnose me sont d’un grand secours. Mais ne révélons pas toute l’histoire, tous ceux qui le désirent découvriront tous les détails du pourquoi du comment en te feuilletant😉


La phase d’écriture, de loin la meilleure phase de ce projet !


J’ai a-d-o-ré cette phase. Coucher tous ces mots sur ce document de traitement de texte ne m’est pas apparu comme une corvée, mais comme un pur plaisir. Je sais comment je vais t’aborder. Mon processus créatif s’impose comme une évidence. Cependant, inutile de mentir, après quelques pages, je dois mettre mes idées au clair si je ne veux pas te perdre. On appelle cela le fil rouge. Je commence alors à te découper en chapitres. Même si à l’époque (nous étions en 2017 !), je ne sais pas qu’elle sera ton dernier mot, autrement dit comment tu te termineras, cela ne m’empêche pas d’avancer. Et concernant le fameux syndrome de la « page blanche » redoutée par tous les écrivains et auteurs… et bien, je n’y suis pas confrontée ! Je suis maligne : je n’écris pas en suivant la chronologie des chapitres. Je suis mon instinct. Si ce dernier me dicte d’écrire le chapitre 5 alors que le 3 n’existe pas encore, je l’écoute. Autre détail important que tu m’as appris sur moi-même : je détecte enfin à quel moment, je suis la plus productive et créative. Si j’ai passé une mauvaise nuit de sommeil, inutile d’ouvrir le traitement de texte, il n’en ressortira rien de bon. Au moins, j’ai appris à me coucher tôt. Enfin, mes pics de créativité se situent plutôt dans l’après-midi et mon imagination s’emballe aux heures tardives. Je ne vois plus ces idées nocturnes comme des messages parasites à balayer d’un revers de la main, mais plutôt comme une invitation à leur donner vie le lendemain.



plan du livre, pour ne pas perdre le fil!


Les premières prises de tête


On ne va pas leur vendre que du rêve, ce ne serait pas fair-play de notre part. On leur avoue qu’écrire est un acte de solitude pleinement assumé ? Que toi et moi, nous passons de longues soirées de week-end ou des dimanches après-midi ensemble alors que tout le reste de Bruxelles danse la java ? Mais, ça, selon moi, c’est encore gérable. Les premières prises de tête apparaissent quand tu commences à t’étoffer. Que vais-je faire de toi ? Je ne connais rien au monde du livre et mes premières recherches sur le Net me découragent. Et puis, appelle ça synchronicité ou que Dame Nature a pitié de mes pleurs, un atelier animé par la coach d’auteur Laurence Ortegat se tient à 500 mètres de chez moi. Le thème : comment écrire un livre ? Pile-poil ce qu’il me faut ! Je ressors du workshop avec son livre C’est moi qui l’ai écrit, la méthode pour écrire, publier et faire parler de votre livre. Ce bouquin me servira de boussole pendant tout le processus.


Je suis une girlboss, je choisirai la voie de l’autoédition !


Après l’atelier de Laurence, je tranche : pas question de te trimballer d’éditeur en éditeur. Je n’ai pas envie d’attendre 6 mois avant qu’on m’annonce poliment qu’on t’a balancé à la poubelle — comme 98 % des manuscrits reçus par les maisons d’édition, je suis trop impatiente. Je serai donc mon propre éditeur et le principe de l’impression à la demande me séduit. Le livre se trouve dans le catalogue de l’imprimeur et il est imprimé si un acheteur passe commande. Du prix de vente, l’imprimeur prend sa part pour la fabrication et moi, je récupère le reste. Pas de frais engagés dès le départ, que demander de plus ? Surexcitée comme une puce, je me lance dans l’aventure. De la conception de la couverture, en passant par la recherche de bêta-lecteurs, de l’imprimeur et de ta promotion, je me chargerai de tout. Avec le recul, je constate à quel point j’avais sous-estimé l’ampleur de ce projet. Mais heureusement que j’étais animée par cette naïveté du débutant sinon, je ne sais pas si j’aurais franchi le pas !


Show your work !


Show your work est un bouquin écrit par Austin Kleon. Son pitch : permettre à tout créateur de faire connaître son travail sans tomber dans de l’autopromo sauvage.

Je m’inspire de l’auteur et fin avril 2019, je crée une newsletter spéciale « les coulisses du livre ». Un dimanche par mois, j’envoie à mes abonné. e. s une anecdote sur ta création. J’y partage aussi bien les moments de fil à retordre que tu me fais subir que ceux où tu m’enthousiasmes. Je les implique même à m’aider pour trouver ton nom. Mine de rien, la tactique marche, je reçois des messages d’encouragements et des personnes hors de mon cercle familial apprennent ton existence.


Premier jet d’écriture terminé et je te confie aux bêta-lecteurs


Alors là, mon ami, tu me surprends ! Ton premier jet terminé, je ressens un soulagement inattendu ! Pas par rapport à cette première phase d’écriture, mais par rapport à cet épisode de ma vie que je viens de clôturer définitivement. D’autant plus que mon intention première en t’écrivant n’était pas motivée par une démarche thérapeutique. « Le pouvoir de raconter son histoire », diront certains. C’est donc le cœur léger que je te confie à des personnes inconnues, les bêta-lecteurs ( 6 au total). Leur rôle: proposer des pistes de réflexion afin de t'améliorer. Après tout ce temps passé en tête à tête avec toi, j’ai besoin qu’on nous dise si nous faisons fausse route ou pas !


Et pendant que d’autres te découvrent, moi je pense à ta bouille !


Avant le synopsis et le titre, la couverture est LE premier facteur d’achat. Autant te dire que tu dois être séduisant. Un appel à l’aide plus tard sur Facebook, je tombe sur Marine, The graphiste qui te donnera un visage. La collaboration entre nous deux est une pure merveille. D’un coup, ma solitude d’apprentie auteure, qui commençait à me peser s’amoindrit.


Le retour des bêta-lecteurs et une prise de recul nécessaire pour entamer ton retravail


Toi, tu n’as pas laissé les bêta-lecteurs indifférents. Pour certains, tu étais trop factuel, d’autres ont eu leurs poches lacrymales bien remplies en te parcourant. Tu as même réussi à titiller la curiosité de certains et pour d’autres encore, tu avais tout le potentiel d’être un « petit bijou » et être classé comme « œuvre d’utilité publique ». Houuuuu ! Et moi, en découvrant tout cela, j’ai besoin d’une prise de recul assez conséquente ! Comprends-moi, recevoir des critiques sur un projet personnel, ce n’est pas facile à encaisser de prime abord. Après avoir enfermé mon égo dans le placard, je parcours objectivement toutes les remarques, avec une seule règle (appliquée par tous les écrivains) : je suis la seule à décider quelles sont celles qui méritent d’être prises en compte pour ton retravail.


La phase de retravail, un mal nécessaire


C’est avec une énergie particulière que j’entame cette phase. Les remarques mi-figue mi-raisin des bêta-lecteurs ont ébranlé ma foi en ma plume. Cependant, je me suis promis de te donner vie, souviens-toi 😉Alors, je me retrousse les manches et pendant un mois, je m’enferme avec toi. Il n’est pas question de te rendre plus élégant avec de jolies phrases, non, il faut que tu sonnes juste. Je fais du mieux que je le peux. À la fin de cette étape, je réquisitionne une correctrice pour détecter les fautes d’orthographe et autres joyeusetés du genre. Tant qu’à faire, je lui demande de pointer les erreurs de style et… elle n’a pratiquement pas de remarque à faire sur les passages que j’ai retravaillés. OUF ! Confiance retrouvée ! Et la légitimité de continuer à écrire revient comme par magie.

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