Entreprendre après un burnout, fausse bonne idée?

Mis à jour : juil. 10




Après un burnout, nous sommes nombreuses à remettre en cause nos carrières. Déçues, voire carrément dégoûtées du monde des entreprises ou du salariat, nous nous reconvertissons en entrepreneure. Exit les chefs médiocres, les horaires à rallonge ou encore le stress du « as soon as possible ». Devenir son propre patron et exercer un métier passion : le pied ! Oui mais voilà, l’eldorado entrepreneurial cache une toute autre réalité. L’entrepreneuriat dans la vraie vie est un chemin exigeant. Il est tout autant source de stress que le salariat. Certaines d’entre-nous craquent durant leur projet. Cela veut-il dire que toutes celles qui se seraient déjà brûlées les ailes n’ont pas le droit d’entreprendre sous risque de rechute ? Depuis  que j'entreprends, répondre par l'affirmative à cette question est ma plus grande crainte. Pour vous dire la vérité, j'ai été à la recherche de "The method" qui ne me fera pas tomber dans ce piège. Et puis, suite à ma récente expérience de digitale nomade, le déclic a eu lieu. En fait, entreprendre après un burnout ce n’est pas du tout une fausse bonne idée…sauf si nous nous acharnons à répéter certains comportements toxiques. Je les ai testé pour vous 😉


Le perfectionnisme et la recherche de l’excellence : deux amis qui ne nous feront pas que du bien !


Le syndrome de la bonne élève, vouloir à tout prix être parfaite, c’est bien, c’est noble….mais uniquement dans les rangs de l’école. On range donc son costume de Miss première de classe au placard. Et on ne le ressort pas ! C’est peut-être platement dit (ou plutôt écrit) mais il ne nous sera d’aucune utilité dans notre aventure entrepreneuriale. Car l’essence même de l’entrepreneuriat est une succession de tests. Rechercher la perfection nous fatiguera et en plus cela ouvrira la porte à la procrastination ( c'est du vécu 😉). La solution : ne pas se perdre dans des détails et se mettre rapidement en action. Paradoxalement, ce n’est qu’en testant que nous atteindrons l’excellence !


Nous et notre projet : à quel point sommes-nous impliquées ?


Nous ne sommes pas qu'un projet !! Or, les personnes qui se sont épuisées professionnellement ou qui courent le risque de sombrer dans un burnout, portent une caractéristique reconnue par tous les spécialistes du globe : elles sont hyper impliquées dans leur job. Cela est d’autant plus marqué lorsque ce job est un job passion. On respire, on se lève et se couche avec son projet. Sans s’en rendre compte, ce métier passion peut se transformer en une prison. Où est alors la liberté que nous espérions trouver dans l’entrepreneuriat ? Le résultat est-il voué nécessairement à une désillusion ? Je ne vous proposerai pas de réponse toute faite, mais plutôt une question : où placez-vous votre curseur de l’implication ? Votre projet est-il plus important que votre vie personnelle ? ( je sais, c’est vache de demander ça)


Surrestimer nos limites et nous forcer à les dépasser


C’est un fait: après un burnout, nos limites changent. Aussi bien sur le plan psychique que physique. Les accepter et les reconnaître est la première étape. Plus facile à dire qu'à faire, je le conçois...Petit truc pour ne pas ressembler à ce vieux portable qui aurait du mal à se recharger : on met son égo de côté et on se préserve pour continuer à entreprendre à notre propre rythme !


Le management par objectif, oui mais jusqu’à un certain point !


Hey ! Calm-down avec les objectifs ou bonnes résolutions ! Je sais, pas évident de se débarrasser de ce comportement. C’est normal, en tant que salariées, nous avons été drillées au management par objectif. Rendre un dossier en temps et en heure, être contraintes à des objectifs de coûts, qualité… Voilà comment été rythmées nos journées de boulot. Nous avions un objectif précis pour chacune de nos tâches. Ce n’est pas un mal en soi. Par contre, les effets pervers peuvent rapidement pointer le bout de leur nez. Ils répondent aux doux noms «d’avoir la tête dans le guidon » de se mettre la pression et de perte de recul. Essayons d' apprendre à jongler entre le day-to-day et la vue hélicoptère. Cette dernière est nécessaire pour mener à bien nos projets. S'arrêter, se poser, analyser tout le chemin parcouru nous permettra de réajuster nos objectifs. Dessiner une timeline peut nous aider à cela, j'en avais parlé dans la boîte à outils. Retenons qu' un objectif nous sert de "guide", c'est une boussole dans notre aventure. Ne le détournons donc pas en un outil de torture pleaaaase! 


Se disperser et avoir un manque de vision


Aah comme il est bon de laisser exploser sa créativité, de faire apparaître au grand jour ses idées refoulées depuis trop longtemps…Oui mais attention, danger au tournant : lancer une foule d’initiatives, c’est courir le risque de ne rien voir se concrétiser. Bonjour alors les frustrations et l’épuisement. Demandons-nous d’abord vers quelle direction nous voulons aller et priorisons par la suite nos idées par ordre d’importance. Je ne vous raconte pas des cracks, même les gourous de l’organisation le disent : « pas plus de 2 projets en même temps ! »


Vouloir faire tout, toute seule, le danger des autodidactes !


Etre une autodidacte, une touche-à-tout, une débrouillarde, c’est pratique, surtout au début de l’aventure où le budget ne suit pas forcément. On passe des heures à bidouiller pour créer son site internet, son logo, sa communication etc... Pourtant ce costume de wonderwoman, nous ne pourrons pas le porter trop longtemps. Dès que notre projet va prendre de l'ampleur, nous aurons besoin de soutien. Devenir entrepreneure, c’est s’occuper de son core business et se faire aider dans certaines de ses tâches ! Sauf celles dont les  journées font 48 heures. Faites-moi signe si cela est votre cas, il faut qu'on discute !


Ne pas savoir s’arrêter quand notre corps nous le réclame et culpabiliser


Un des avantages à avoir fait un burnout, c’est reconnaître les signaux que nous envoie notre corps lorsqu’on dépasse nos limites. Certaines vont ressentir une fatigue intense, d’autres des vertiges etc….Ces indicateurs sont précieux et il faut les écouter ! Notre corps nous met en garde. Seules actions à prendre : RALENTIR , SE REPOSER et NE PAS CULPABILISER ! L’entrepreneuriat c’est un marathon et non un sprint. Ménageons donc notre monture pour porter le plus longtemps possible notre projet. 


Je vous avoue, je n’ai pas écrit cet article par hasard. Derrière, cette publication se cachent en réalité mes objectifs pour cette année nouvelle. Je crois profondément qu’entreprendre après un burnout est une bonne idée...à condition de se respecter et éviter ces comportements qui nous conduiront tout droit dans le mur. Alors moi, pour 2020, ma priorité number one ce n’est ni le livre ou le blog mais changer ma façon de me comporter par rapport à mes projets ( ça ne se fera pas du jour au lendemain mais j'y travaille 😉).

Et vous ? Que pensez-vous de cette question ? Comment faites-vous pour entreprendre après un burnout ? Dites-moi tout en commentaire ou en m'envoyant un mail, je suis curieuse de connaître vos réponses!


Vous avez aimé cet article? N'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter de Celles qui osent! pour recevoir le prochain post dans lequel je vous parlerai de la différence entre des entrepreneures juniors et des entrepreneures chevronnées.