Emilie, l'expat qui a osé entreprendre 2 projets!




Etre expatriée et entreprendre dans un pays étranger, il faut oser, non? En tout cas, je ne suis pas sûre que j'aurais eu cette audace. Pourtant, ma nouvelle invitée du blog, Emilie, n'a pas hésité. En 2016, elle suit son compagnon et débarque dans notre plat pays. Elle aurait pû se contenter d'être l'ombre de son partenaire et partir découvrir tous les musées de Bruxelles. Mais voilà qu'une copine un peu trop insistante l'embarque dans le Club Business de l'Accueil français. Au début, Emilie n'est franchement pas emballée. "Si j'avais décidé de vivre à l'étranger, ce n'était pas pour y rencontrer des compatriotes" me confiera-t-elle en riant. Ironie du sort ou pas, son amie n'adhère pas au Club mais notre Emilie reste. Elle y sera même très active car elle s'engage en tant que membre bénévole pour gérer le Club. Grâce à ce réseau et aux multiples connexions qu'il crée, Emilie s'intéresse à la vie "business" belge et rencontre sa future associée. Et comme dans son ADN se trouve des traces bien marquées d'entrepreneuriat, elle fonde avec sa comparse, une agence de communication globale: Unity'n'Co.

Au fil de notre papotage, je découvre la personnalité d'Emilie. Notre française est une femme ouverte et très intuitive. De plus, elle croit fermement à la puissance du networking. D'ailleurs, pour la petite anecdote, je l'ai rencontrée lors d'une soirée Créapéro du réseau FAR. Lors de sa présentation, j'ai été littéralement "scotchée" par son parcours mais surtout son emploi du temps. Car en plus d'être maman, de gérer une agence de com', de réseauter, Emilie s'occupe d'un second projet: Pimp My Ideas. Je me souviens d'avoir pensé "Cette fille vit dans un autre espace temporel que le mien!"😁

Bon, je pense que vous le devinez, le parcours d'Emilie est intéressant parce qu'elle va nous expliquer:

  • son parcours d'entrepreneure en tant qu'expatriée 

  • comment bien réseauter et sur quels critères elle a décidé de s'associer

  • pourquoi elle a ressenti ce besoin de créer un second projet en parallèle de Unity'n'Co

  • et enfin, pourquoi il est important d'avoir un site web et une communication professionnels

Mesdames, je vous laisse maintenant découvrir notre très sympathique expatriée française, Emilie Cartier.


Entreprendre et être expatriée


Nilay: Emilie, dans ton parcours professionnel, tu as été aussi bien salariée qu’indépendante. Or, tu m’as expliqué que c’était dans l’entrepreneuriat que tu avais trouvé plus d’épanouissement malgré les difficultés. Tu peux nous expliquer?


Il est vrai qu'être à son compte n’est pas simple tous les jours 🙂. Néanmoins je me suis toujours plus épanouie qu’en tant que salariée.

Il y a plusieurs raisons à cela:

  • créer une activité de a à z

  • l’indépendance, être maître de ses décisions, ne pas avoir à rendre de compte

  • le fait de toucher à tous les domaines : communication, gestion, relationnel, commercial …

  • cela permet de s’organiser et de combiner sa vie pro et familiale


Nilay: Et justement, quelles ont été les difficultés que tu as rencontrées et comment les as-tu surmontées ?


Les principales difficultées rencontrées ont été la “solitude”. M’associer avec Mathilde Regnier a été une vraie chance de pouvoir construire le projet à 2. Je me suis également rapprochée des clubs et groupes d’entrepreneurs pour rencontrer des personnes, échanger et se booster. J’ai également dû comprendre comment le business fonctionnait en Belgique et les différents statuts possibles pour créer sa boîte. Ma participation active la première année de mon arrivé a été une étape clé qui m’a permis de rencontrer les différents acteurs pour lancer sa boîte et me donner la confiance pour me lancer.


Nilay: Tu arrives en Belgique il y a 3 ans, tu commences à faire du bénévolat pour l’Accueil français, et tu te décides à lancer « Pimp My Ideas » car tu veux concilier ta vie pro et perso. C’est assez étonnant comme démarche. Être à son compte faciliterait-il cet équilibre vie de business woman/ vie de maman? Quelle est ton expérience sur ça ?


La première année je me suis “nourrie” au Club Business par l’intervention de nombreux partenaires tant dans le domaine de la création d’entreprises que par des témoignages, des rencontres inspirantes... Et j’ai assez vite compris que le statut d’indépendant était très courant en Belgique. Ayant déjà été à mon compte par le passé, j’y ai vu un signe pour démarrer une nouvelle aventure. Effectivement, être à son compte n’est certainement pas moins reposant qu'être salariée. Mais j’aime les challenges, l'indépendance et pouvoir m'organiser comme bon me semble. C’est en cela que pour moi, être à son compte me permet de concilier ma vie pro et ma vie de maman.


Son second projet  Pimp My Ideas


Nilay: Parlons de Pimp my ideas, comment as-tu cette idée et quel en est le concept?


Pimp My Ideas est né un peu par hasard. Bien que pour moi, il n'y’ a pas de hasard, mais plutôt des signes ou des opportunités que l’on choisit de saisir. J’ai toujours été très créative, ressenti le besoin de travailler avec mes mains et sensible à la création artistique en général. Une amie m’a prêté une machine pour préparer un mariage. J’ai adoré découvrir toute les possibilités de celle-ci. Alors quand une collaboratrice du Club Business m’a proposé de participer au marché de noël de l’accueil des français, je me suis dit pourquoi pas 🙂.C’est l'occasion de “s’amuser”. Je suis néanmoins perfectionniste, aussi, en 3 semaines j’ai trouvé un nom, créé une identité visuelle, et une collection de création à exposer. J’y ai reçu un très chouette retour : Pimp My ideas est né.


L'importance de réseauter et s'associer


Nilay: Si je comprends bien, ton parcours a été jalonné de rencontres importantes et d’ailleurs, tu t’es même associée pour te lancer dans une deuxième activité «Unity’n’Co » une agence de com. Comment justement se faire un bon réseau ?


Je crois beaucoup à la bonne étoile. J’ai rencontré Mathilde via un évènement du Club Business. Aujourd’hui nous lançons notre agence de communication globale. Il est évident que pour se faire un bon réseau, il faut sortir, rencontrer des gens..échanger. Bruxelles est génial pour cela, on pourrait networker tous les soirs! Je conseillerais également de bien choisir ses réseaux en fonction de la cible client que l’on vise, de ses valeurs et ses centres d'intérêt.. Ce n’est pas simple, c’est pour cela que c’est bien de réseauter avec une copine ou une connaissance, surtout pour débuter. Cela nécessite enfin, de bien maîtriser son pitch bien présenter ce que l’on vend.


Nilay: Et comment trouver de bons partenaires ou associés ? Quelles sont les qualités que doivent avoir un bon business partenaire ?


Question de “feeling”? On doit avant tout “sentir” quelque chose. Un peu comme un coup de foudre!! Blague à part, la personne doit à mon sens être complémentaire avec nos compétences, partager une vision et des sensibilités communes. Avoir un associé est un véritable accélérateur de projet et une belle aventure humaine !


Nilay: D’après toi, est-ce un bon plan de s’associer avec sa meilleure amie ou un membre de sa famille ?


Pas simple comme question ! On en revient au feeling, tout le monde ne peut pas s’associer avec un membre de sa famille ou un ami. Il y a des caractères qui ne peuvent pas travailler ensemble. Cela ne veut pas dire que en dehors du cadre professionnel cela ne puisse pas être notre meilleur ami par exemple. Cela demande, d’envisager tous les scénarios dès le départ pour préserver le lien familial ou d’amitié.


Pourquoi confier son site et sa communication à un professionnel


Nilay: J’aimerais profiter de ton expérience dans la communication pour te poser la question suivante : beaucoup de femmes entrepreneures qui lancent leur business sont très fortes dans leur « core business » mais ne savent pas bien communiquer au sujet de leurs services ou produits. Et comme elles débutent, elles n’ont souvent pas les moyens de s’offrir les services d’une boîte de com’. Par quoi devraient-elles commencer, que leur conseillerais-tu ?


Sans identité visuelle , sans outils de communication, le projet peut manquer de professionnalisme et de sérieux. Sans un bon message et une bonne créa, on passe à côté de sa cible.

Si j’avais quelques conseils à donner : il faut bien réfléchir à sa stratégie de communication globale. Cela revient à penser:


● à son univers

● à son message

● à ses canaux de communication, en garder 1 ou 2 et les développer à fond.

● à ses supports ( flyers, brochure …)

● à son besoin de site internet


L’important est de ne pas se disperser. Il faut garder à l’esprit que tout coûte en argent certes, mais en temps également… et si l’on perd plus de temps pour faire de l’à peu près pour créer son site ou un logo, cela pourrait desservir son projet. On n’a plus le temps de se concentrer sur l'essentiel et sur son core business.

Un site web doit répondre à des règles, des normes de sécurité, d’ergonomie et de SEO pour fonctionner correctement. Chez Unity’n’Co, nous avons spécialement développé un pack adapté au starter.


Nilay: Enfin Emilie, ma question fétiche : quels conseils donnerais-tu à des femmes qui veulent entreprendre ou lancer leurs propres projets ?


Bien poser le pour et le contre, connaître ses forces et ses faiblesses …et s’entourer le cas échéant.

Osez ! Entreprendre est une incroyable aventure …


Un tout grand merci à Emilie pour cet échange hyper motivant!


Que retenir de notre consoeur Emilie?


Le réseau Far est un réseau extraordinaire pour les femmes. Il y a aussi le réseau Push N Plug qui est très intéressant. Il connecte les gens en fonction de leur complémentarité. On est plus fort quand on est à plusieurs. Alors pourquoi pas développer des offres associées avec des gens qui sont proches de son domaine: ça peut créer de chouettes synergies. Cela permet également de rompre la solitude et d'être portée par un réseau.
Réseauter, ça coûte en temps mais aussi en argent. Il y a des réseaux où tu as des droits d'entrée assez faramineux. Quand tu débutes, tu n'as pas forcément le budget de débourser 1000 euros pour une adhésion à un réseau. Cependant, on a de la chance: il y a plein de réseaux différents. Il faut vraiment se poser la question "quel temps et budget suis-je prête à consacrer?". Ca ne sert à rien de s'affilier partout si on n'a pas beaucoup de temps à consacrer au networking. Il vaut mieux privilégier la qualité à la quantité.
Le bénévolat au Club Business de l'Accueil français a été une très belle aventure humaine. Cela m'a permis d'approcher le monde entrepreneurial et j'ai compris que l'entrepreneuriat fonctionnait essentiellement avec le réseautage.
Pour mon équilibre personnel, c'était important d'avoir ma bulle de créativité. Pimp My Ideas me permet de sortir du digital et du web. Mais ce projet "artisanal" n'est pas prioritaire au niveau financier, ce n'est pas lui qui me fait vivre. De plus, les clients ne sont pas les mêmes, les échanges sont différents. Je suis face à des particuliers et non à des professionnels comme avec l'agence.
Il y a des périodes plus difficiles que d'autres. Par exemple, récemment, j'ai rencontré une phase de "creux" pour Pimp My Ideas. Je fais tout, toute seule, je ne fais appel à aucun prestataire. Ce projet avance donc plus lentement, ce qui me pousse parfois à avoir envie de tout balancer! D'ailleurs, j'ai même pensé "Pourquoi tu fais tout ça? tu es déjà bien occupée avec l'agence…." Et puis, deux commandes de personnes que je ne connaissais pas tombent, elles m'ont trouvée sur Google. Ca m'a reboostée et m'a prouvé que Pimp My Ideas a une certaine légitimité.
Il y a des personnes qui sont douées par l'informatique, qui ont une certaine sensibilité et facilité par rapport à ce domaine. Elles arriveront facilement à construire un site avec des plateformes intuitives. Visuellement, le résultat sera "propre". Mais il y a aussi tout ce qui est derrière, c'est-à-dire la partie sécurité, SEO…Et la plupart de ces plateformes prêtes à l'emploi ne sont pas bien optimisées pour avoir un bon positionnement sur Google. La conséquence, leur site sera pénalisé niveau référencement naturel et moins visible sur les moteurs de recherche. Ces personnes doivent avoir conscience que tout ne sera pas "top". A coté de cela, tu as d'autres personnes qui ne sont pas du tout sensibles à l'informatique mais qui, sous prétexte de ne pas avoir le budget, vont construire leur site elles-mêmes. Le risque: elles vont s'épuiser ou s'arracher les cheveux. Au final, elles vont perdre du temps pour rien. Pour moi, c'est essentiel d' avoir un site professionnel et une bonne communication, il faut voir cela comme un investissement. C'est comme si tu investissais dans l'achat d'une machine pour augmenter ta productivité.


Vous avez aimé cet article? N'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter de Celles qui osent! pour recevoir le prochain post…Rendez-vous en 2020 pour de nouvelles rencontres, aventures et réflexions sur le monde passionnant de l'entrepreneuriat.

212 vues