Anne-Françoise, la fée qui va éveiller tes possibles




Manque de confiance en soi, syndrome de l’imposteur ( j'en avais déjà parlé ici), sentiment de ne pas se sentir légitime….Voilà souvent le trio infernal qui nous retarde, nous bloque dans nos projets, aventures entrepreneuriales ou de reconversion. On pourrait écrire des bibles à ce sujet.

Est-ce un hasard ? Depuis l’année passée, la commune d’Etterbeek a lancé l’initiative «Osez», des ateliers pour booster la confiance en soi des femmes. Toutes les habitantes de la commune ont reçu une invitation, et c’est à Anne-Françoise Gailly que l’on a confié les rennes de ces ateliers.


Me voilà donc au premier jour du workshop. Je suis arrivée avec une certaine fébrilité, trop impatiente de découvrir la méthode magique qui va nous débarrasser de nos vieux démons. En attendant les autres participantes, j’observe discrètement cette grande blonde, notre formatrice. Ses gestes dégagent une force tranquille. "Oui, c’est sûr, elle, elle a confiance en elle !" me suis-je dit….

Et puis le cours commence, Anne-Françoise nous met d’emblée à l’aise, non seulement par son humour mais surtout par le respect qu’elle nous témoigne. La consigne est cool : libre à nous d’intervenir, de lui poser des questions si on le désire, je peux vous dire que certaines ne se sont pas gênées…. et surtout, Anne-Françoise ne joue pas à la formatrice qui force à faire parler les participantes, les plus timides d’entre nous sont rassurées !

Au bout de ces trois soirées, toutes les femmes du groupe sont plus que ravies. Anne-Françoise nous a guidées à envisager ce fameux concept du « manque de confiance en soi » sous un autre angle de vue, elle l’a carrément dédiabolisé !

Mais moi, ce que je retiendrai, c’est l’attitude d’Anne-Françoise. Alors, c’est clair, Anne-Françoise, on n’aime ou on aime pas. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’elle ne porte pas de masque. Elle ne cherche pas à plaire. Elle montre ce qu’elle est et qui elle est. Je comprends beaucoup mieux la première impression que j’ai eu d’elle, j’ai compris d’où lui vient cette force tranquille.

Aujourd’hui, je vous promets une interview super intéressante car mon invitée va vous faire changer d’avis sur ce « manque de confiance en soi ». Elle va également évoquer son programme d’accompagnement pour les entrepreneurs et en quoi il se différencie des méthodes plus classiques. Enfin, Anne-Françoise est une femme résolument moderne, je dirais même pionnière puisqu’elle n’a pas hésité à sauter dans le train du digital. Elle nous donnera quelques astuces à ce sujet. Si après la lecture de cet article, vous ressentez toujours un coup de mou, alors je ne comprends plus!


Mais avant d’entamer la discussion avec Anne-Françoise, juste quelques mots sur son parcours. Notre coach/ formatrice en développement personnel est le fruit d’une reconversion. Dans une première vie professionnelle, cette licenciée en philologie germanique a travaillé au Parlement Bruxellois et à la Communauté française. Elle s’est ensuite retrouvée porte-parole au sein du Cabinet de la Ministre de la santé publique.

A cette époque, elle en a profité pour suivre un diplôme en Management humain à l’ICHEC.

Après la naissance de sa première fille, une deuxième vie pro s’est présentée à elle. La voilà DRH d’un grand hôpital de Bruxelles. L’aventure s’avère passionnante. Peut-être même trop, car Anne-Françoise s’épuise et un burn-out la force à remettre en question sa manière de travailler. Quelques mois plus tard, elle décide de se tracer un tout nouveau chemin en tant que coach, consultante et formatrice indépendante. Il y aura d’abord Heo, sa société au service des entreprises. Finalement, c’est en 2012, que Anne-Françoise prend la décision de dissoudre son premier bébé et de s’occuper pleinement de son projet d’Eveilleuse de Possibles.


Nilay: Anne-Françoise, avoir confiance en soi, ça veut dire quoi?


La confiance en soi est un mythe : on croit que le manque de confiance en soi est le problème et donc on pense qu’avoir confiance en soi, c’est la solution. Pour moi la vraie clé de ce sentiment ou de cet état, c’est la (non) permission d’être soi. C’est cela la vraie clé !

Beaucoup de femmes viennent me voir viennent avec ce diagnostic : « je manque de confiance en moi et je ne sais pas prendre ma place » et elles font souvent un lien entre les deux. Je leur propose une tout autre perspective : « Et si le problème c’était que tu t’obstines à essayer de t’adapter à des environnements (situations, relations, jobs, etc.) qui ne te conviennent pas (ou plus) ?»


Nilay: En fait, à t’entendre, le manque de confiance en soi n’est pas une fatalité et il n’est pas nécessaire de suivre de longue thérapie. Justement, y a-t-il des astuces applicables au quotidien ?


Évidemment, si on part du principe de Permission, le problème est alors tout autre. La question n’est plus « Il faut que je m’améliore » mais plutôt « Qui je Suis est très bien, est- ce que cette situation (ou relation ou activité) me convient? »

Le regard sur ce « manque de confiance en soi » change, on peut le comparer à une révolution copernicienne. En faisant ce questionnement, on prend conscience qu’on cherche désespérément à s’adapter à des cadres, jobs, relations qui ne nous vont pas ou plus. Et que le mal être que l’on ressent (et que l’on prend pour du manque de confiance en soi) vient en fait de ce décalage, de ce non alignement.


Nilay: Que ce soit dans les médias, dans les études statistiques ou dans la société en général, on entend souvent dire que les femmes ont moins confiance en elles que les hommes. As-tu remarqué cela dans tes accompagnements et dans ton parcours ?


En ce qui concerne les femmes, pour moi c’est influencé par deux facteurs. Le premier : on a dans nos cellules les traces de plusieurs milliers d’années de patriarcat. Les femmes ont littéralement appris à s’écraser, à se sentir inférieures. Elles fonctionnent avec ce préjugé de départ : « à priori je suis nulle, et avec un peu de chance, je peux faire deux trois trucs convenables »….

Le deuxième facteur : les femmes consomment beaucoup de contenus de développement personnel, et donc elles embarquent pleins de concepts et font leur auto-diagnostic : « ah oui, je me reconnais dans cela, donc ça veut dire que je manque de confiance en moi ».

Quand je leur pose la question « comment sais-tu que tu n’as pas confiance en toi ? » , la réponse qu’elles me donnent est systématique : « on me le dit souvent. » Or comme expliqué en début de cet interview, la plupart du temps le vrai problème est plutôt la sur-adaptation.

Chez les hommes, tu vas avoir l’effet inverse. Ces milliers d’années de patriarcat les ont conditionnés à se sentir plus forts, à avoir plus de valeur, à se surestimer lorsqu’ils communiquent.

A l’inverse des femmes, ils sont beaucoup moins consommateurs de toute cette littérature de développement personnel et ils vont exprimer leurs frustrations et leurs manques en d’autres termes.

Des tests psychologiques et études le démontrent : un homme a tendance à se surestimer de 25% et la femme, de se sous-estimer à 25 ou 50%. Donc, si l’homme et les femmes valent tous les deux 100%, l’homme va s’estimer à du 125% ,quitte à bluffer un peu et la femme à 80%.

De l’extérieur, on va percevoir que la candidate manque de confiance en elle et que le candidat est très sûr de lui. Mais tu vois combien c’est trompeur ou réducteur comme analyse.

Car si tu creuses un peu, tu retombes souvent sur les mêmes questions même chez les hommes : « je ne m’aime pas » ou « je ne n’ose pas être moi.» Selon ma vision, les points d’entrée vont être différents mais si tu vas voir à l’intérieur, que tu enlèves le couvercle et les étiquettes, tu vas retrouver les mêmes problématiques, les mêmes aspirations chez les hommes et les femmes. C’est au niveau de leur définition du problèmes qu’ils diffèrent.


Nilay: Justement, je rebondis car beaucoup de femmes qui débutent dans l’entrepreneuriat ne se sentent pas légitime comment faire pour briser ce cercle vicieux ?


On en revient à la question de la permission. Moi j’adore la phrase d’Einstein qui dit: « Tout le monde est un génie. Mais si tu juges un poisson rouge à sa capacité à grimper aux arbres, ils croira toute sa vie qu’il est nul. » Disons pour rester dans la métaphore que notre monde est calibré pour les écureuils.

Les femmes ont intériorisé un cadre de référence auquel elles se comparent tout le temps et cette comparaison joue en leur défaveur (comme si un poisson rouge se comparait à un écureuil 😉). Alors que si elle lâchaient ce cadre externe et qu’elles faisaient ce qu’elles aiment faire, savent bien faire et qu’elles avancaient avec leurs connaissances en sachant qu’elles vont sur le chemin apprendre et pouvoir se remettre en question, la pression qu’elles s’imposent diminuerait drastiquement.

Cette question de la permission / légitimité est au coeur de mon programme d’accompagnement que j’ai appelé «Marketing cosmique». C’est une approche personnalisée dans laquelle je propose aux entrepreneur(e)s des clés, des concepts, des outils, des questions, des stratégies, des ressources, des solutions qui leur permettent de déployer leur projet en combinant authenticité et succès. Le trajet combine une approche de déploiement personnel et de vision stratégique. Tu en sors à la fois équipé(e) et transformé(e).


Nilay: J’ai bien aimé ta dernière phrase car tu as utilisé un mot que beaucoup de femmes n’aiment pas : la stratégie


Peu de femmes s’en rendent compte mais elles sont de très grandes stratèges.

Une mère de famille, c’est une CEO, c’est une responsable d’une petite PME qui sait gérer autant la logistique, l’office management, les RH, les finances, la gestion des crises, etc. Les femmes sont des championnes pour trouver des solutions. Et trouver des solutions, c’est à la fois de la stratégie et de la créativité. Moi j’aime définir la stratégie comme le moyen le plus chouette et le plus fluide pour toi de passer d’un point A à un point B.


Nilay: Comme tu viens de l’évoquer, j’aimerais parler maintenant de ton programme pour aider des entrepreneurs « Maketing Cosmique ». Pourquoi cet accompagnement ? Tu nous en parles ?


Le programme « Marketing Cosmique » réunit les concepts de réalisation de mission de vie, de sens, d’alignement tout en clarifiant les clés stratégiques comme ton client idéal ou ta capacité à te vendre de manière authentique.

Comme tous mes projets, ce programme est né de mon propre parcours d’enterpreneure : je me suis retrouvée confrontée à une série de défis, de crises et j’ai été chercher des ressources. Ce que je propose aujourd’hui c’est le fruit de ce que j’ai trouvé… et aussi de ce que je n’ai pas trouvé et que j’ai dû inventer.

Il faut savoir que l’accompagnement des entrepreneurs a explosé ces dernières années. Mais la vision et le cadre de référence de l’entreprenariat restent très masculin, je veux dire yang/occidental/ par les hommes pour les hommes.

Les femmes n’ont pas du mal à créer leur business, c’est avant qu’elles calent : «je ne suis pas prête, mes enfants sont trop petits, j’ai peur du risque financier, je ne me sens pas compétente, etc». Le vrai défi, c’est de les faire monter dans le train, car une fois qu’elles sont dedans, elles s’en sortent bien, elles savent réseauter, trouver la bonne information.

Alors que les hommes ( je caricature un peu) veulent se lancer rapidement. Car entrepreneur c’est quasiment devenu une mode, dans le genre « si tu n’as pas ta startup avant tes 30 ans, tu es un naze ». Et l’offre d’aide est faite pour eux : grandir et recruteur, lever des fonds et exporter…

Mais la plupart des femmes ( et de plus en plus d’hommes aussi d’ailleurs) ne sont pas dans ce mindset. Elles sont plutôt en mode auto-entrepreneures. Elles créent une petite structure (indépendante ou sprl) et se mettent en réseau. Comme elles recrutent très rarement des salariés, elles n’apparaissent pas vraiment dans les statistiques car elles ne créent pas d’emploi.

Mais il y a aussi une autre raison du pourquoi j’ai créé mon programme Marketing cosmique: beaucoup de personnes, qu’on appelle cerveaux droits, ou HP, ou hypersensibles, etc. ne se retrouvent pas dans ces accompagnements hyper analytiques et linéaires.

Moi j’aide les clients qui me ressemblent en fait : pas mal de femmes, beaucoup d’entre elles sont dans le développement personnel. Les métiers d’aide sont d’ailleurs le grand oublié de l’entreprenariat parce que la plupart du temps on t’aide à vendre des objets, des services. Mais il y a aussi toute une population qui est dans le circulaire, la solidarité, le bien-être et coaching, les thérapies alternatives.

Autre argument enfin : l’énorme majorité des personnes qui accompagnent les entrepreneurs dans le cadre des programmes « classiques » ne sont pas des entrepreneurs ! Ils se contentent de faire appliquer les principes et les recettes qu’on leur a enseignés. Et ils ne sont pour la grande majorité absolument pas formé au coaching. Ce sont plutôt des «gestionnaires de dossiers ». Je ne dis pas que c’est forcément mauvais, je dis juste qu’ils n’ont aucune idée de ce que c’est d’être entrepreneur au quotidien.

Et d’ailleurs tu pourras constater que 90% de tous ces programmes ou workshops disent tous la même chose. Et que le comble c’est que